« Clair obscur soupire l'étreinte qui précède l'assouvissement. »
 

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Clair obscur
par Pierre Alain

Un souffle élévateur balayait Libres pensées, le premier opus de Pierre Alain, à la fois poème initiatique et cathédrale de vers. Un souffle capiteux, émis par le pouls d'Eros, bat dans Clair obscur, recueil poétique aux reflets irisés, pourpres et ensorcelants.

   
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Avant-propos de l'auteur

Dans Libres pensées, mon précédent recueil, j'ai laissé aller ma plume au fil de mes aspirations qui m'ont conduit à conclure le premier tome sur la phrase “ Aimer suffit ”. Dans ce deuxième ouvrage, en forme de suite poétique, je descends dans le sol, jusqu'aux bouches des racines pour nourrir du suc de la tourbe d'Arès la sève d'Eros qui s'élèvera jusqu'aux ultimes ramilles d'un arbre retourné

“ Aimer ” n'est pas qu'un verbe ou un sentiment. Il est l'Acte fondamental qui lie la terre au ciel.Celui qui n'a jamais porté le joug ne saurait sentir la légèreté, ni la puissance, de la fusion amoureuse.C'est à travers les sens que Dieu s'adresse aux hommes.C'est du sein de la mère que jaillit la vie.

Clair obscur soupire l'étreinte qui précède l'assouvissement.
Pierre Alain

   
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“ Ardent et flamboyant, comme le précédent livre de Pierre Alain. Un recueil où se rencontre la foudre et le feu, l'ivresse des sens et la flemme de la vie. ”
P.-A. B., Genève

Les poèmes de Pierre Alain sont frais comme la buée d’un verre de rosé

Le poète genevois Pierre Alain vient de publier une petite merveille de recueil

Allez, cet été, changez-vous les idées ! Mais au sens premier de cette expression. Changez d’idées et laissez vos préjugés sombrer dans la sieste. Sur la plage, ne vous assommez plus à coups de «pavés» sur la biographie d’une quelconque «pipole» (oups, le «pipole» est toujours quelconque, sinon il ne serait plus «pipole», ben voyons !) Et préférez le recueil de poésie. Vous aimez zapper ? Ça tombe bien. Vous pouvez sauter d’un poème à l’autre comme un cabri hyperactif. Vous n’êtes pas contraint de suivre les chemins balisés par l’auteur, contrairement au roman.
Et quel recueil choisir ? Eh bien celui du Genevois Pierre Alain, par exemple ! Qui vient de sortir Clair obscur – Sous le délicieux joug d’Eros. Ses poèmes ont la fraîcheur de la buée qui perle sur une bouteille de rosé. Et la profondeur de champ du visionnaire qui, descendant en lui, remonte vers l’Autre, cette inconnue délicieuse, jeune comme le ciel, vieille comme le monde, éternelle comme la nudité.
Dans sa postface, Pierre Alain donne sa définition de la poésie sur un ton qui n’est ni professoral, ni superficiel : la poésie est avant tout un souffle. Un cri. Une vague. Un silence. Futuriste, présente et originelle, c’est en elle que baigne l’humanité créatrice. Souvent à son insu.
En guise de mise en bouche, ce petit extrait de Clair obscur : «La grande possession des âmes / Engendre l’araignée du ciel / Qui nous fascine / Et nous dévore».

Tribune de Genève – Jean-Noël Cuénod, 3 juillet 2006

 


À l’origine de l’amour avec le dernier livre de Pierre Alain

Si «la nostalgie est le présent des souvenirs» (Pierre Alain in Libres pensées, Publi-Libris 2005) il importe de retenir leurs messages, leurs formes, leurs ambitions, leur beauté. Pierre Alain, poète de l’imaginaire, possède une faculté que les lecteurs découvrent rarement. N’est-il pas fasciné un peu comme un guide de haute montagne par les cimes enivrantes et les chemins escarpés du plaisir ; la montagne vient à lui comme une onde de bonheur où les mots inventent le dire amoureux et où les roches caressantes du voyage dessinent la silhouette voluptueuse des sens.
La construction de palais envoûtants, l’ajustement des pierres sacrées pour le midi charnel, la présence du soleil qui apparaît dans le reflet d’un désir, la soif de découvrir qui assaille le charpentier d’une audace sensuelle, autant de glorieuses escalades qui président à la noce cananéenne. Je me souviens de la célèbre fiancée du Mt-Blanc, la comtesse Henriette d’Angeville, qui le 14 juillet 1808 est parvenue à gravir ce quatre mille mètres mythique. Longtemps isolée dans son château de Lompnes dans le Bugey, ne rêvait-elle pas de réaliser cette ascension malgré la fatigue de la marche et l’effort que l’altitude accroît ? Cette aristocrate ne se contentera pas de suivre les consignes de ses guides ; elle dessine, elle note ses impressions et donne libre cours à son imagination. Arrivée au sommet, elle envoie un pigeon à Chamonix ; il n’arrivera jamais jusqu’à la patrie de J. Balmat !
Pierre Alain, d’Union et Travail à Genève, invente un agenda semblable à un pèlerinage au pays des exploits devenus familiers et offert pour entrer dans le monde de l’orpailleur de sublimes sensations. Emprise torride, le rêve est-il guidé par ces chants de tendresse ou le bien-être accomplit-il une rêverie inventée au cœur d’une caresse ? La beauté fortifiante de ces existences accueillantes aux ondulations de la rosée invente des mots et des styles, façonne des termes et des rythmes, glorifie les saveurs du petit matin accroché à la voie lactée des noces du temps. Ce Clair-obscur sous le délicieux joug d’Eros invente une lumière, lance un credo libérateur guidant les pas d’une joyeuse audace façonnée pour l’avenir de nos amours tourbillonnant dans la fougue de nos destinées.
Rémy Hildebrand, Alpina, juillet-août 2006

 

“ Entre la braise
Et la rosée
Une lumière déclive
Suggère l'incision
Cratère labial
Croisée d'ogives
Terre matricielle
Ecartèlement des chairs
D'où palpitent les sens
Pêle-mêle
Un crâne d'enfant émerge
Il est midi partout
Le doute fait place à la vie ”

“ Sang de vierge
Gouttes de pavots
La paix fume son calumet
La nudité coule
sous la langue
Un baiser joue de la lame
Le couchant appuie sur les eaux
C'est une soirée ordinaire ”

“ Dérive
Faille impudique
Epouse l'endosmose
De la virginité
Démusèle ses lèvres
En remontant ta langue
Dégorge sous la batte
De l'affermissement
Ascensionne l'onction
En poussant sur les reins
Ecarte la mouillure
Engaine les assauts
Détire la membrane
Couronne foliacée
Empalée et ravie
Radiance frémissante
Jaillissement suprême
Réfraction de la peur ”

“ Est-ce le pain
Est-ce le blé
Est-ce le plein
Ou le lié
Est-ce un oubli
Est-ce une image
Est-ce un caprice
Au goût sauvage
Ce parfum d'herbe
Un peu volage
Dans le pollen
Des souvenirs
Valse de Vienne
Dans un sourire
Une semaine
Sans réfléchir
Ce baiser
Au parfum framboise
La pluie
Roulant sur les ardoises
Quelque chose
Qui voudrait s'ouvrir
Cet autre
Que l'on découvre en soi
Bouquet de roses
Ou de lilas
Un soldat
Qui ne revient pas
Un jeu de cartes
Que l'on abat
Une luge
Glissant dans la joie
Un refuge
A l'orée d'un bois
Un coulisseau
Au goût de mangue
Ce mot
Sur le bout de la langue ”

Pas de bonus pour l'instant.

Poésie

Préface de Jean-Jacques Marteau

22,5 x 15,5 cm

120 pages

ISBN:
2-940251-31-2

CHF 25.00 / 16.00 €

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