Morose foncé: la vengeance d’un artiste trop longtemps muselé par l’indifférence
 

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Le vernissage de Morose foncé, le premier roman de Daniel Fazan, journaliste à la RSR, paraîtra le 25 mai à 18h30 dans la Galerie–Atelier ABpi sise au n° 8 de la rue du Maupas à Lausanne. Entrée libre, lectures, dédicaces, antiperformance par Joe Boehler et antimusique par François Allaz! Un moment à ne pas manquer!

Homme de radio à la RSR, Daniel Fazan, après Faim de Vie publié aux Editions de L’Aire sous le pseudonyme de Casimir K. s’affirme en romancier avec une maîtrise incontestable.
(Photo: Pierre-Michel Delessert)

 

Première fiction romanesque de l’auteur, cette plongée vertigineuse dans l’Art contemporain, de ses fonctionnements et de ses mensonges, décrit au scalpel la vengeance d’un artiste trop longtemps muselé par l’indifférence, frustré de succès et de reconnaissance.

Parabole contemporaine de la puissance créative de l’argent et des infinies possibilités qu’offrent les nouvelles technologies, ce roman est un coup dans l’estomac. Il fustige une société inconsciente des dangers que représentent les marginalisés qu’elle engendre. Dans le domaine de l’Art et dans tous les autres.

Roman introspectif et violent, il est aussi l’autoportrait acide d’un artiste peintre lucide et méchant, récit annoté par l’homme de main qui le trahit.
Beauté et bassesses, douleurs et couleurs, sang et tragédie.
Le destin s’accomplit.

La vie pervertit les vivants.

   
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Extraits de Morose foncé:

«Notre télévision souhaite m’inviter à débattre de l’art dans son contexte international. Bien qu’exemplaire aux yeux de sa productrice, mon travail ne sera jamais montré et disséqué par sa personne, variablement affublée d’atours moliéresques, si ce n’est carnavalesques. Cette perruche qui pérore sur son fauteuil avec des airs entendus, des moues de poupée énervée, image souriante par angoisse, fait les beaux jours de la culture télévisuelle locale, l’audience en moins.
Les gens de la culture n’y croient pas. Les autres, ceux que cela indiffère, n’osent pas y croire ou n’en croient pas leurs yeux. C’est l’impasse, malgré la bonne volonté appliquée de la dame. Un art, tel que le mien, n’est pas accessible par le biais de cette lucarne. Encore moins quand un perroquet veut s’en emparer. J’ai refusé. À quoi bon ? Mon œuvre vit ailleurs.»

 

«Je hais Noël…
Mon oncle était venu ce soir-là, j’avais sept ans. Cet homme veuf et sympathique viveur, on l’aimait au pointde ne jamais nous passer de lui lors des réunions familiales. Il avait mangé avec gloutonnerie, comme à son habitudae, puis s’était éclipsé. Un père Noël combla son absence et fit aussitôt oublier le tonton avec ses cadeaux. Je jouais seul dans le salon alors que mes parents buvaient avec lui - sans doute -, ma sœur et des voisins de palier, une bouteille à la cave. L’homme en rouge est entré, il a demandé si j’étais heureux des jouets, je lui répondis par l’affirmative. Il actionna le remontoir du train après avoir enlevé le gant rouge de sa main droite. Cette main je la vois encore : elle est porteuse de tous les vices, de toute l’horreur refoulée par mon esprit. Il mourut sous une locomotive à la gare, la veille de Pâques suivantes. Dans le cercueil, son visage tuméfié avait été voilé, mais ses mains croisées sur le buste laissaient apparaître une cicatrice sur un doigt. Je reconnus cette main qui, désormais, ne commettrait plus d’actes insanes.»

   
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Bonus

 

«Dans le sillage de l'homme de radio à la fois humain, proche et piquant, voicii l'homme de plume: Fazan qui s'attaque sans égard aux rouages pervers d'un certain milieu de l'art. On croit y reconnaître certains travers d'artistes fort médiatisés qui se permettent de signer de leur nom des toiles peintes par d'autres... Impressionnant. Captivant.» P. F. Lausanne

«Rien de Suisse et de soporifique dans ce premier roman de Faniel Fazan. On est saisi d'entrée de jeu et on ne lâche plus jusqu'à la fin tant on veut savoir jusqu'où il osera pousser la perversion intellectuelle d'un artiste (hélas!) bien de notre époque.» J. M. Genève

 

Pas de coupure de presse pour l'instant.

Pas de bonus disponible.

Roman

22.5 X 15.5 CM

254 pages

ISBN:
9782940251490

CHF 34.00 / 22.00 €

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