Trois préoccupations: la Chanson, le Théâtre et la Vie
 

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Dans les pas de Gilles

Par Jean Villard-Gilles

édition commentée et annotée par Grégoire Montangero de la conférence donnée par Jean Villard-Gilles en 1944

Le Théâtre de Lausanne, par un soir de 1944, accueille sur sa scène le chansonnier Gilles. Celui-ci, y donne un exposé resté célèbre portant sur trois thèmes: le théâtre, la chanson et la vie. Dans le sillage de cette soirée d'exception, les éditions Mermod avaient publié le texte de cette causerie. Les deux mille exemplaires avaient été bien vite épuisés et n'ont jamais été republiés depuis lors.

Aussi, à l'occasion du 25e anniversaire de la disparition du poète, les éditions Publi-Libris et l'Association pour la promotion de l'oeuvre de Gilles (APO-G) s'unissent pour rééditer ce véritable manifeste de Gilles.

Sur les pas de Gilles reproduit l'intégralité du texte de la conférence, agrémenté d'un appareil critique mettant en lumière les aspects résumés dûs à la forme même de la conférence.

Au fil de cet exposé, le père de La Venoge nous emmène dans les grandes étapes que furent sa vie et surtout nous fait découvrir son engagement artistique et humaniste:partage :
• ses années d’apprentissage du théâtre auprès de son maître Jacques Copeau à Paris et en Bourgogne
• ses œuvres de jeunesse et l’influence de C. F. Ramuz sur ses premiers succès
• ses souvenirs liés à Jacques Copeau, Charles Dullin, Jean Giraudoux, Louis Jouvet, Marcel Pagnol, Valentine Tessier…
• ses rêves, ses espoirs et sa vision d’artiste humaniste pour le théâtre actuel
• et bien d’autres confidences qui nous révèlent des aspects insoupçonnés de ce créateur que l’on croit connaître…
Dans les pas de Gilles nous fait suivre les pérégrinations d’un enfant de Montreux devenu le citoyen du monde que l’on sait…

Deux "vernissages" pour cette parution:

• le 8 juillet 2007 au Petit Palais du Montreux Palace à 15 h (entrée libre) dans le cadre du Workshop du Montreux Jazz Festival. Pour en savoir plus: montreux jazz festival

• le 12 juillet 2007 à l'Auberge de l'Onde de Saint-Saphorin dès 18h (entrée libre) avant le dîner-spectacle (complet). Pour en savoir plus: Auberge de l'Onde

Pour en savoir plus sur Gilles et les activités liées à cette commémoration:
www.apo-g.ch

 

Quatrième de couverture:

Dans les pas de gilles est une invite à suivre le cheminement du grand chansonnier vaudois depuis son adolescence montreusienne jusqu’à sa réussite parisienne en passant par son apprentissage de comédien en Bourgogne. Mieux, le texte de cette conférence nous offre une plongée dans les motivations profondes de cet homme de théâtre devenu – presque malgré lui ! – l’auteur de chansons que l’on sait.
Dans ce véritable manifeste, Gilles partage sa vision du rôle de l’artiste. Il évoque la grande réforme théâtrale à laquelle il a participé auprès de son maître Jacques Copeau. Impatient de renouer avec la communion entre le public et l’auteur propre au théâtre grec antique, il conclut son exposé par ce vœu : «On demande un Aristophane ! » L’introduction à la présente édition tente de démontrer que Gilles fut, à sa manière et par ses chansons, une sorte d’équivalent de l’auteur comique grec d’il y a deux mille ans.
Dans les pas de Gilles propose aux amis du père de Dollar une promenade riche d’enseignement et porteuse de sens.

 

Une initiative d’APO-G, l’Association pour la Promotion de l’œuvre de Gilles, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la disparition de Jean Villard-Gilles.

 

   
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Lorsque la société des Etudes de Lettres demande à Gilles une conférence, celui-ci s'embarque dans l'aventure à condition de pouvoir s'étendre sur trois préoccupations qui ne le quitteront jamais: la chanson, le théâtre et la vie.

Le public est au rendez-vous. Il faut dire qu'à l'époque, Gilles et Edith animent, depuis quatre années déjà leur cabaret Au coup de Soleil, lequel illumine les nuits sombres de la guerre.

Ferveur et partage durant cette soirée hors du commun, dans un théâtre municipal bondé.

Gilles prend son audience par la main et l'entraîne dans les hauts lieux de l'esprit et de la création qui furent les siens. Le temps d'une soirée, les exigences de l'artiste et ses aspirations pour ce qu'il souhaite voir émerger après la guerre, deviennent celles de tous.

Véritable manifeste artistique, Dans les pas de Gilles nous plonge dans l'intimité de ce grand bonhomme en phase avec son siècle.

 

   
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Article paru dans Le Temps (Dossier culturel) du samedi 30 juillet 2007

De théâtre et d’eau fraîche…

Alors que paraît Dans les pas de Gilles, édition commentée d’une conférence donnée en 1944 par le père de Dollar, force est de constater que celui-ci n’était pas seulement un chansonnier, ce qu’un réflexe simplificateur tenterait de nous faire croire. Avant tout et pour toujours, Gilles était homme de théâtre, mieux : artisan zélé, parmi d’autres, de la rénovation du théâtre moderne.

Adolescent, le Montreusien qui s’appelait encore Jean Villard vibrait à la lecture des thèses que Jacques Copeau, futur rénovateur du théâtre français, publiait sous forme d’articles virulents. Gilles rêvait d’être de l’aventure. Il en fut. A Paris, tout d’abord, en 1919, comme régisseur-comédien. En Bourgogne ensuite, lorsque Copeau s’exila loin des contingences quotidiennes de la marche d’un théâtre, en vue de concrétiser ses projets. «Que l’on me donne un tréteau nu», demandait-il, avide de rendre au poète la place – première – qui lui revient. Parmi les vignes de la Côte d’Or, les Copiaus (clin d’œil à leur maître) apprendront un art total. A la fois comédiens, musiciens, chanteurs, improvisateurs, jongleurs, acrobates, gymnastes et mimes, ils assimilèrent les moindres aspects de leur art. A l’issue de dix années d’études rigoureuses et austères, la troupe avait évacué le faste inutile, le décoratif encombrant et l’accessoire indu susceptibles de distraire le public du texte.
En 1929, Copeau disposait d’émules en pleine possession de leurs moyens techniques. Mais la troupe piaffait dans l’attente de l’œuvre que le «Patron» tardait à livrer. Hélas, celle-ci ne vint jamais. Déçu, désabusé et quelque peu frustré, Jean Villard franchit donc, presque par hasard, le seuil du monde de la chanson. Certes, dans le cadre de ses spectacles bourguignons initiaux en avait-il conçu plusieurs, mais sans répondre à une vocation chansonnière. Ainsi naquit l’improbable duo de Gilles et Julien, formé de deux comédiens chantants et non de l’inverse. Ainsi survint la gloire, peu après, que Gilles expliquait en ces mots : «On apportait quelque chose de nouveau dans la chanson. On apportait le théâtre.» Mais avec ses chansons d’une teneur inouïe, Gilles sortait cet art dit mineur de l’étroit sentier dans lequel il était embourbé depuis des lustres. Avec Dollar, Gilles introduisait l’actualité, les problèmes de société et les saines révoltes du moment dans un média jusqu’alors cantonné dans l’amour-toujours…Petite bombe lâchée dans le vaste théâtre de l’Empire. Grands effets immédiats. Dès lors, Gilles chantera. Au point d’éclipser le comédien.
Mais qui a vu le chansonnier sur scène sait qu’il lui suffisait de deux doigts pour traduire l’évaporation nucléaire possible de notre globe ou de son œil, exorbité, pour illustrer la soif de puissance des dictateurs buveurs d’espace. Qui a bien lu ses chansons n’a pas manqué d’y voir de brèves pièces de théâtre à deux voix. Et qui a écouté Gilles, conférencier d’un soir, se rappelle peut-être le cœur de son propos : La chanson, le théâtre et la vie. Véritable manifeste artistique que ce texte réédité ces jours. Gilles, alors presque quinquagénaire, y évoque son parcours, son rôle d’auteur de chansons. Mais il s’attarde surtout, en ces temps de guerre, sur son vœu le plus cher : l’avènement d’un théâtre actuel, collectif, universel, et avant tout humain.
«Humain, parce que l’homme seul nous intéresse, non pas l’individu, mais la personne humaine, l’être libre, de chair et de sang, mais doué d’une âme qui est en lui le signe de quelque chose de plus haut que lui qui le préoccupe ; actuel ensuite, parce que nous vivons dans notre temps qui est passionnant, plein de bouleversements extraordinaires, mais où, simultanément, des beautés se révèlent, car la vie est plus forte que tout ; collectif aussi, parce que, quoi qu’on fasse désormais, cette reconstruction du monde ne se fera que par un effort commun, une fraternelle solidarité, non pas obscurs, comme dans la termitière, mais clairs, conscients et joyeux comme au temps des cathédrales ; universel enfin, parce que l’homme est relié à tous les hommes par la condition humaine et qu’au-dessus des frontières, des nations et des continents il sent, il cherche et il espère une vérité qui le dépasse.»
Cette profession de foi révèle les aspirations humanistes et sociales d’un poète engagé. Un quart de siècle après sa disparition, il convient de s’en souvenir lorsque l’on pense résumer Gilles d’une Venoge bien sentie ou à coups de Trois Cloches sentimentales.
Grégoire Montangero, éditeur et secrétaire de l’Association pour la Promotion de l’œuvre de Gilles (APO-G)

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Monographie

Edition illustrée

22.5 x 15.5 cm

107 pages

ISBN:
9-782-940251-53-7

CHF 20.00 / 13.00 €

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