Ce livre est un devoir de mémoire à l'attention des Afghans contemporains
qui ignorent tout du véritable passé de leur pays.
 

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Afghanistan 1964:
Chronique d'une Constitution avortée

par Sayed Qassem Rishtya
traduit par sa fille Leila Enyat-Seraj

Découvrez une page décisive mais oubliée de l'histoire moderne de l'Afghanistan : la première tentative de démocratie afghane, vécue de l'intérieur

En 1964 déjà, l'Afghanistan se dotait d'une Constitution démocratique fondée sur le modèle anglais. Personne n'en parle! À cette époque, des femmes afghanes siégeaient au Parlement, portaient des jupes à l'occidentale. Kaboul, la capitale, abritait quatre universités étrangères.

Bref, l'Afghanistan - unique pays non-christianisé et non-colonisé d'Asie - ne correspondait pas à l'image que l'on s'en fait aujourd'hui…

Afin de révéler aux jeunes Afghans exilés une page occultée de leur passé, Leila Enayat-Seraj a traduit les mémoires de son père, l'un des artisans de cette évolution majeure de la politique de son pays.

Sayed Qassem Rishtya a été diplomate et ministre du gouvernement afghan. Sa carrière s'étendit sur plus de 40 ans. Ses fonctions l'ont plongé au cœur d'événements parmi les plus déterminants de l'histoire moderne de son pays.

Proche collaborateur du Roi, de présidents, des premiers ministres et autres leaders politiques, il a surtout participé au Comité de rédaction de la première Constitution démocratique afghane adoptée en 1964. En plus d'en avoir été l'un des principaux auteurs de ce document modèle - en plus de sa charge de deux ministères (Information & Culture et Finances) - il fut l'un des acteurs clés des manœuvres politiques qui conduisirent à sa ratification.

Ardent promoteur de ce texte sans précédent, il a gagné le respect de ses collègues mais aussi de farouches opposants. Face à ses derniers - et conformément à ses principes moraux - il a préféré se retirer de la vie politique plutôt que de compromettre la réussite de cette Constitution à laquelle il avait consacré une vie d'efforts et d'idéaux.


   
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Entretien avec la fille de l'auteur

Leila Enyat-Seraj, vous êtes diplômée en hautes études internationales et (entre autres) fondatrice-directrice du Afghan Art Project for Peace. Pourquoi avoir traduit les mémoires de votre père?
L. Enayat-Seraj: D'une part, il s'agissait pour moi d'un devoir moral, historique et civique. En effet, ce compte rendu, extrait de son journal intime alors qu'il était ministre et membre du comité réactionnel de la Constitution, est l'unique récit politique de l'histoire récente de l'Afghanistan écrit à la première personne du singulier. D'autre part, sans le courage d'un diplomate autrichien, l'invasion de notre pays par les Soviétiques aurait détruit à tout jamais le texte originel rédigé en dari.

Est-ce aussi dû au fait que vous avez été la première femme afghane réfugiée politique en Suisse?
Peut-être… Mais le fait que mon père - profondément citoyen - a dû fuir son pays en 1979, lors de l'invasion russe en n'emportant que ses habits m'a marqué. Pourtant, il connaissait la prédiction du président Kennedy quant aux dangers qu'engendreraient nos réformes démocratiques…

Que nous révèle le journal de votre père?
Qu'en 1964, un vent de modernité balayait l'Afghanistan, que des hommes investis d'une mission démocratique et avant-gardiste se sont engagés sans compter dans l'élaboration d'une remarquable Constitution. Sans le coup d'Etat perpétré en 1965 pour amener les talibans au pouvoir, le destin des Afghans aurait été tout autre.
On découvre aussi les intrigues qui se tramaient dans les cercles politiques de l'époque. Mon père éclaire le rôle du roi, celui du Dr Yusouf, Premier ministre réformateur. Et il nous dévoile la personnalité de Sardar Daoud, ancien-Premier ministre et futur président auto proclamé de la première république afghane.

Votre père aurait-il accepté cette publication?
Ses mémoires étaient déjà parues en dari (langue nettement plus poétique que l'anglais). Et moi, son unique enfant survivante, je lui devais bien ce modeste hommage.

 

   
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Monographie

Sir Nicholas Barrington Leila Enayat-Seraj

33 photos d'archives n-b

15.5 x 22.5 cm

255 pages

ISBN:
2-940251-11-8

CHF 47.00 / 31.00 €

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