Un
ovni dans le paysage littéraire
Queues de poisson sur un dos dâne,
le titre loufoque du dernier roman
de Jacques Tornay traduit bien le
vent de folie qui balaie ce livre
très atypique dans le paysage
littéraire de notre coin de
pays.
La plume féconde de Jacques
Tornay a emmené cet auteur,
qui se consacre «avec sérieux
à écrire des livres
pas sérieux», sur des
sentiers inattendus. Dans son dernier
opus, lécrivain valaisan
nous pose en pleine campagne anglaise,
dans le jardin et la maison dun
olibrius, journaliste fauché
de son état. Plaqué
par son épouse aisée,
plaqué par son employeur, Ted
Mulley car tel est le nom de
ce héros malgré lui
tente de se «reboussoler»,
mais à sa façon
Drôle, déjanté,
riche en épisodes cocasses
(Vénus, la prostituée
gloutonne ; Ashmole, le psychanalyste
; Susan, la voisine naturiste aux
formes irrésistibles, la belle-mère
et le beau-père pas piqués
des hannetons ; parmi une foule dautres
zèbres de tout acabit), ce
roman nengendre pas la mélancolie
!
Un mode burlesque
Construites sur un mode proche
du burlesque et de la BD, les séquences
dévénements de
Queues de poisson sur un dos dâne
conduisent les lecteurs dans des rues
pittoresques et prometteuses, mais
qui ne débouchent jamais sur
la mer quand bien même elles
ravissent assurément.
Toute la vigueur de lécriture
de Jacques Tornay imprègne
les 200 pages de ce roman : le débit
est rapide, le mot juste, le ton cohérent
dun bout à lautre.
Lauteur fait, de surcroît,
preuve dun sens certain de la
formule, il sinterdit les clichés
en innovant constamment et avec un
naturel manifeste.
Six questions à Jacques
Tornay
Comment est né Queues
de poisson sur un dos dâne
?
Tout bêtement, comme la plupart
des histoires : dun fait divers
fictif auquel le processus normal
de lécriture donne suite.
Lorsque lon tient un personnage
et un sujet, les éléments
se mettent en place pour aboutir à
un récit.
Un récit particulièrement
déjanté en loccurrence
La vie lest, par nature
! Il est faux de croire quelle
coule en douceur, paisible et tranquille
! Nous sommes tous des anormaux en
puissance ! Nous rêvons de folies,
de choses inaccessibles
Ce livre
est aussi une invitation à
lattention des gens qui ne sont
pas contents de leur existence : si
tel est le cas, il nest jamais
trop tard pour en changer.
Queues de poisson sur un dos dâne
détonne dans la littérature
romande
Peut-être dans la mesure où,
ici, on ne se permet jamais dévoquer
les grandes et les petites questions
de lexistence avec légèreté.
On craint dêtre accusé
de frivolité, de futilité.
Notre lourdeur vient peut-être
de la religion qui nous empêche
dêtre vraiment nous-mêmes.
Votre dernier roman vise-t-il à
casser ce carcan?
Pas du tout ! Ce livre est simplement
le reflet de mes influences, lesquelles
remontent loin, à ma jeunesse
: le film burlesque, la bande dessinée.
Dailleurs, je construis mes
romans comme des BD : séquence
par séquence. Je nai
pas une culture très académique,
mais elle a le mérite dêtre
pleine de vie et très prodigue.
Quelle est votre ambition dauteur
avec ce livre ?
Amuser le lecteur le temps de
sa lecture. Jaime bien les livres
que lon oublie après
les avoir lus mais qui nous ont fait
passer un bon moment ils ne
sont pas si courants !
Dans quel sillage pourrait sinscrire
Queues de poisson sur un dos dâne
?
Il illustre surtout mon impuissance
de faire autre chose et mon incorrigible
volonté de mamuser !
Cest un amusement qui demande
beaucoup de temps, dénergie.
Je suis peut-être Suisse sans
la mesure où je consacre un
grand effort à lécriture
afin de rendre le résultat
final moins touffu, moins dense, plus
digeste. Si mon livre semble simple
et évident, cest que
jy ai beaucoup travaillé.
La Gazette (Martigny), 28.09.2006
Queues de poisson
sur un dos dâne, par
Jacques Tornay
On peut dire de lécrivain
valaisan Jacques Tornay quil
a la plume bien pendue. Son deuxième
roman, Queues de poisson sur un
dos dâne, na
rien de laccouchement pénible
dun témoignage sur la
difficulté dêtre
dont il est coutume de saluer un jeune
romancier romand. Cela participe davantage,
en effet, dune certaine littérature
anglo-saxonne, à laquelle était
aussi sensible Philippe Djian dans
ses premiers écrits. Ce qui
veut dire quici on est rapidement
pris par lhistoire, par ce personnage
sans qualité auquel on sidentifie
immédiatement, Ted Mulley,
journaliste anglais au chômage
quitté par sa femme riche.
Mais tout le récit vire vite
au délire, à force dexcentricité
: comment par exemple peut-on être
républicain au Royaume-Uni,
comment sen tirer en étanchant
ses soifs dans cette civilisation
pourrie par le labeur et par largent,
comment déclarer sa flemme
un jour de pluie
Tornay nous
amuse de bout en bout, menant son
récit avec autant de souplesse
que de vitesse.
H. G. Pharts, Le magazine
suisse des arts N° 62,
juin-juillet 2006
Queues de poisson sur un dos dâne,
roman de Jacques Tornay
Le premier jour du Salon du Livre
et de la Presse 2006, à Genève,
sortait le deuxième roman de
Jacques Tornay. Voici ce quen
dit Martine Magnaridès : Queues
de poisson sur un dos dâne
: un nouvel ouvrage aussi étonnant
et peut-être plus original encore
que le précédent ! Tout
est si juste, si vivant dans cette
aventure. Ta finesse, ton humour sont
sensibles partout dans les descriptions,
les comparaisons inattendues parfois,
mais toujours vraies et comiques,
les jeux des assonances, la satire
nuancée. Tu as vraiment des
trouvailles de virtuoses».
Sous les initiales H.G. un critique
littéraire de la revue pharts,
le magazine suisses des arts, édition
juin-juillet 2006, écrit ceci
: «On peut dire de lécrivain
valaisan Jacques Tornay quil
a la plume bien pendue. Son deuxième
roman Queues de poisson sur un dos
dâne na rien de
laccouchement pénible
dun témoignage sur la
difficulté dêtre
dont il est coutume de saluer un jeune
romancier romand. Cela participe davantage,
en effet, dune certaine littérature
anglo-saxonne, à laquelle était
aussi sensible Philippe Djian dans
ses premiers écrits. (...)
Mais tout le récit vire vite
au délire, à force dexcentricité
: comment par exemple peut-on être
républicain au Royaume-Uni,
comment sen tirer en étanchant
ses soifs dans cette civilisation
pourrie par le labeur et par largent,
comment déclarer sa flamme
un jour de pluie... Tornay nous amuse
de bout en bout, menant son récit
avec autant de souplesse que de vitesse».
Comme le dit léditeur
en 4e de couverture le roman «sinscrit
dans la lignée de cette littérature
anglaise décalée où
souffle un vent désinvolte,
loufoque et bienvenu.
Plusieurs extraits ont été
lus par Daniel Fazan sur les ondes
de la Radio Suisse Romande La Première,
le dimanche 17 septembre, alors quil
recevait lauteur dans le cadre
de son émission Intérieurs.
Revue de l'Association valaisanne
des écrivains, automne 2006